mercredi 11 novembre 2015

Quand les bombes firent Boom Boom Boom

Écouter du John Lee Hooker en lisant du Céline c’est un petit jeu à celui qui t’envoutera le premier. Ça parle vrai, c’est cadencé, sec, ça tranche, ça découpe, ça claque, ça hypnotise gentiment son monde, le temps n’a aucune prise, c’est crade et c’est beau, c’est lancinant, un bucheron taillerait moins violent, un papillon serait moins fluide, c’est un voyage de tous les instants. Aujourd’hui, Ferdinand a gagné, la guerre, la routine, la poésie ont pris le dessus, à moins que ce ne soit John Lee… Dans ma tête c’est boom boom boom… me faut un bourbon, un Scotch ou une bière pour calmer tout ça. Soudainement je pense à la mort, à la souffrance et aux nerfs, à tous les mecs qui ont dû faire des saloperies dans leur vie pour sauver leur peau. De l’esclavage à la guerre, du drame à la survie. À ce que ça fait, à ce que ça remue en toi, à tout ça en fait, au moment où tuer devient une routine, où la mort fait partie de toi, où ton sang devient froid. Je pense au mec qu’on repousse au bout de lui même jusqu’à ce qu’il passe à l’acte, je pense à ce gars qui refuse, qui s’enfonce au plus profond de lui même et qui resurgit en prédateur. Certains préfèrent faire le boucher plutôt que l’agneau, mais lui n’a pas ça en dans ses entrailles, lui c’est sorti lentement, dans la souffrance et la peur, dans un accouchement brutal. Et maintenant il doit vivre avec ça, il doit vivre avec une terrible souffrance, celle de celui qui a sauvé sa peau au détriment de l’autre, aussi vil et mauvais que cet autre puisse être, aussi sournois et malsain que ce qu’il endura. Ce gars, il doit être là, assis dans l’ombre d’un bar, immobile, en train de boire un verre, il a la main qui tremble encore, la main qui frappa jadis, la souffrance dégouline le long de son front en gouttes de sueur abondantes, il est telle une flaque d’eau sur laquelle le passage du temps comme les roues d’une voiture éparpille encore un peu plus les restes de son existence… c’est un homme qui penche, qui penche vers le bas, mais qui ne peut plus tomber, qui penche, sûrement vers le passé, en se demandant qu’est ce qu’il a bien pu faire au Bon Dieu pour devoir faire ce qu’il a fait.

jeudi 5 novembre 2015

Angustia ou l'ode à l'angoisse

Ça vient tout seul. Comme une déchirure dans le sternum, un trou noir. Il n’y a aucune explication. La tête vacille, l’estomac se gonfle. À cet instant-là, je ne respire plus, je suffoque. La cage thoracique est scellée comme un tombeau, elle a perdu de son élasticité, c’est une corde de pendu usagé. La gorge est serrée, obstruée, la boule qui s’y trouve grossie à chaque inspiration. Les pensées s'obscurcissent. L’angoisse apparait. Les muscles des mollets commencent par bouger tout seuls, suivent les cuisses puis le corps tout entier, à la limite de la convulsion. Il fait chaud. Le froid devient chaleur comme si des volutes de soufres volcaniques s'échappaient du sol. Une émanation diabolique. C’est à ce moment-là que la folie survient. Lorsque la panique règne de sa toute-puissance. Que le mal-être devient "être" tout entier. Il n’y a aucune échappatoire à cet état de détresse absolue. Absolument aucune. Même les choses les plus belles deviennent insupportables, comme si les ténèbres tout entières les avaient gangrenés. La peur envahit chacune des particules physique et psychique du corps. Une peur bien plus puissante que la mort elle-même, la peur d’être enfermé dans cet état de néant total. Je n’ai pas mal mais je souffre plus que tout. Je donnerais tout pour me rompre le tibia sur le champs et avoir enfin mal d’une douleur physique insupportable qui me soulagerait l’esprit. Je frappe ma tête contre tout ce que je trouve, mais en vain. Ce n’est pas la première fois, mais chaque fois semble l’être. Je porte les stigmates des crises précédentes. Les yeux sont cernés et les joues laissent transparaitre les rictus tétaniques comme le papier carbone scelle les écrits. J’ai passé des nuits entières comme ça. Tournant et retournant dans un lit qui me semblait être un caveau d’éternité dans les limbes obscurs et infinis. Aujourd’hui j’ai les médicaments. Enfin j’ai la drogue plutôt. Parce que c’est une drogue. Une drogue d'appellation d’origine contrôlée, mais une drogue quand même. Anxiolytique qu’ils appellent ça. Ça calme pas de suite et ça calme pas entièrement. Ça aide à dormir, à débrancher la prise, c’est comme un suicide temporaire pour se réveiller ensuite. Mais on s’habitue vite à cette saloperie, trop vite. Mais ce jour-là le comprimé a fait le job. Je suis endormi, je suis mort, en attendant une éventuelle résurrection.

mercredi 7 octobre 2015

Prostitution et pro institution...

Le droit de vote pour les femmes à soixante-dix ans. Le droit de vote et quoi de plus ? Partout depuis on a vu des femmes obtenir des postes médiatiques, de la présentation d’émission Tv au journalisme sportif dans le football. La société médiatique s’est grandement féminisé, mais les «grosses» et les «moches», elles, n’ont pas eu droit à cet égard, seules les femmes aux jolis écrins ou passées par le droit de cuissage ont obtenu les précieux sésames. Ce qui est déprimant ce n’est pas de voir des femmes au micro, ce qui est déprimant c’est cette fausse parité qui nous est vendue un peu plus chaque jour. Cette fausse parité qui sous ses airs d’évolution voire de révolution n’est autre qu’une soumission encore plus grande de la femme vis-à-vis de l’homme. Comme on donne un sucre à un chien qui vient de faire une galipette, on distribue des postes à la gent féminine, on conjugue au féminin dans tous les secteurs. Mais ce « on », ce « on » qui distribue les cartes, ce « on » qui paraphe de sa signature en dernier, celui-là possède bien un service trois-pièces. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est une des pires régressions. Faire croire à une égalité qui n’existe pas, une égalité faite de paravents scintillants, mais qui ne reflète jamais la réalité. À l’heure de la parité, les patrons sont toujours rabougris, gros, avec des mains telles des pinces, des pieds pires que des serres de vautour et toujours avec des bijoux de famille. La femme n’est qu’une exploitation de plus dans son éventail dégueulasse, un atout majeur dans sa quête ultime de profits juteux. C’est tout ce que le capitalisme moderne offre aux femmes, une égalité des sexes fictive dans un monde archi dominé par la testostérone où il n’y aura jamais d’équité. Parlons-en de l’équité ! Plutôt que l’égalité c’est peut-être l’équité qui devrait être visée. Mais qui rêve d’un monde équitable ? Sûrement pas ceux qui tirent les ficelles et encore moins ceux qui les fabriquent. La modernité c’est ça, c’est cette jeune blonde aux nichons fermes qui bosse dans la pub et qui manifeste contre la prostitution. Elle dénigre la femme au foyer mais tous les matins «dans sa boîte» elle tapine pour une espèce de connard, de quinze ans son aîné qui la prend de haut parce qu’il a une paire de couilles et qu’il porte une montre plus chère que sa voiture. Elle a pas le temps de trouver un mec parce qu’elle privilégie sa carrière… du coup elle utilise les réseaux sociaux pour satisfaire ses envies nocturnes. Toute la journée elle fait du café et des putains de photocopies pour cet enfoiré qui lui reluque le cul de long en large et en travers. Le pire c’est qu’elle sera contente quand il l’a mettra aux commandes d’un petit dossier insignifiant… Il se permet des familiarités douteuses dans son bureau… il finira par la baiser après un cocktail de fin d’année, mais la pipe aura un goût amer parce que le gars en question est marié et qu’il refusera tout engagement, dès lors commencera sa descente aux enfers parce qu’elle devra fermer sa gueule au risque de perdre son boulot. Maintenant elle risque plus de trouver un mec vu que les photocopies ont triplé et faut qu’elle redouble d’efforts parce que c’est plus son cul qu’on guinche, mais celui de la jeune stagiaire fraîchement débarquée. Elle se fait refaire les nichons parce qu’ils commencent à chercher le nombril, mais on lui fera comprendre à quarante balais qu’elle est périmée pour le secteur et qu’il vaudrait mieux qu’elle trouve un nouveau job. Du coup elle va retourner vivre chez sa mère en Normandie en attendant de trouver un nouveau contrat, mais pas de pot c’est la crise et la pub a horreur des quadras. Elle regarde les gosses de son frère grandir en se disant qu’elle aurait pu faire une bonne mère, mais son heure est passé elle a cinquante ans, elle tourne à deux lexomyl par jour et ses implants mammaires lui ont foutu le dos comme un accordéon. Mais cette nana, elle manifeste contre la prostitution, elle manifeste, sans savoir qu’elle tapine pour la plus grande bande de maquereau qui existe, une bande organisée, certifiée, labellisée France. Alors la parité, pour le moment, à sa place, je la refuserais , je demanderai à tous ces salops de bien se l’a foutre au cul. Le pouvoir se prend, il se donne pas, ce qu’on donne on peut le reprendre, mais ce qu’on a pris on est pas obliger de le rendre, à bonnes entendeuses…